Semaine du 8 au 14 mai 2017

 


capture-decran-2016-12-31-a-15-11-43Fenêtre sur le passé : proposition de BD en lien avec de petits ou grands évènements s’étant déroulés cette semaine, il y a plusieurs années, décennies ou siècles… 


9 mai 1927 – Disparition de Nungesser et Coli

BD choisie : Nungesser, Casterman 2015.

9782203074187.jpgLa semaine dernière je terminais ma chronique en évoquant déjà la disparition de Nungesser et Coli lors de leur tentative de traversée de l’Atlantique. C’est qu’ayant eu l’occasion de passer une journée à Etretat avec en fond le lieu de passage de L’Oiseau blanc, j’avais commis une erreur de chronologie. 

Mais que cela ne tienne, je vais pouvoir me rattraper en évoquant le destin plutôt méconnu d’un pilote de la Première guerre mondiale : Charles Nungesser. 

Avec 45 victoires homologuées, Charles Nungesser est le 3ème des As français. Sa vie ressemble à un roman d’aventures : très tôt passionné d’aéronautique, il fonde à 20 ans une société de construction d’avions. Hélas, son associé s’enfuit avec la caisse alors, pour échapper aux créanciers, il s’exile en Argentine. Ce cow-boy reconverti n’a pas dit son dernier mot: il saisit l’opportunité de s’associer à un compatriote et finit par organiser des meetings aériens. Lorsque le mal du pays est trop fort, il rentre en France à l’été 1914 et s’engage au 2ème Régiment de Hussards. Tête brûlée, il ne manque pas de s’illustrer aussitôt, ce qui lui permet d’obtenir la faveur d’être affecté en escadrille… Bravant les dangers, frôlant la mort, il est titulaire de la croix de guerre avec 28 palmes et 2 étoiles. A ce palmarès, s’ajoutent de nombreuses décorations anglaises, américaines, belges ou serbes qui résultent de son entraide envers d’autres pilotes étrangers. 

Démobilisé, il se lance dans des affaires naturellement liées à l’aviation (société de transport et école de pilotage) mais il n’y est pas très doué. Il décide alors de tirer partie de sa notoriété en se vendant à Hollywood. L’argent brûle les mains de ce séducteur invétéré et en mal d’aventures. Il participe donc au prix Orteig, qui promet 25 000 dollars de récompense à celui ou ceux qui réussiront à réaliser la première liaison entre Paris et New-York.  Le 8 mai, l' »indestructible » et son associé, François Coli, titulaire de nombreux records aériens, décollent péniblement du Bourget (lourdement chargés en carburant). Ils disparaîtront mystérieusement lors de cette tentative, ouvrant la voie, aujourd’hui encore à d’interminables recherches de passionnés… 

L’élégant et précis dessin en noir et blanc d’Aseyn, s’inspirant de l’esthétique des journaux de l’époque, rend compte avec beaucoup de panache et de poésie de ce parcours hors normes. Il y a certes des moments romancés, pour permettre au lecteur d’appréhender toute l’histoire ou pour pallier au manque de documentation mais l’ensemble est très bien ficelé, de manière à rester tout à fait plausible, léger et dynamique.

images-3Un charme qui fait pour le coup défaut à une autre adaptation BD d’une maison pourtant spécialisée et réputée dans le domaine de la BD d’aviations, Idées +. 

On y retrouve peu ou prou les mêmes évènements, la colorisation en plus mais en plus ramassé (46 pages contre 150), ce qui ne permet pas toujours au lecteur de saisir la complexité de ce fascinant personnage dont l’aura continue à inspirer puisque la 54ème promotion de l’Ecole militaire interarmes (2014 – 2016) l’avait choisi comme parrain…

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11 mai 1745 – Bataille de Fontenoy

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BD choisie : Fontenoy, Editions des Archers, 1987. 

« Messieurs les Anglais, tirez les premiers! » C’est grâce à cette apostrophe et bon mot de Voltaire que la bataille de Fontenoy devient un mythe de la guerre « en dentelles ». Le XVIIIème siècle en a fait une grande victoire et le XIXème siècle s’est évertué à garder ce mythe présent afin de célébrer la grandeur militaire passée de la France. 

Sans tomber dans la caricature, Fontenoy se sert habilement d’un personnage fictif, vagabond enrôlé de force dans les forces françaises à proximité du champ de bataille et dont les péripéties permettent de suivre le déroulement du combat au travers de ses différentes phases. Si le dessin est classique, le récit « se veut être le plus précis possible, une grande rigueur a été de mise à tous les niveaux (historique, anecdotique…). » (Postface). De fait, l’effort est fait sur le côté pédagogique avec l’insertion de schémas tactiques, de cartes voir même une décomposition de la phase de recharge des fusils. On distingue par ailleurs très bien la phase de préparation, les engagements découpés en phase lisibles avec les intentions et réactions des parties et enfin les conséquences immédiates de la bataille. Une lecture très plaisante qui dévoile un aspect un peu oublié de cette bataille: le fait que le Maréchal de Saxe, commandant les troupes françaises, était très diminué pendant les combats


11 mai 1904 – Naissance de Salvador Dali

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BD choisie : Salvador Dali, Editions Olbia, 1998. 

Si Joan Sfar, le papa du Chat du Rabbin, lui a récemment consacré une exposition hommage en BD, ce n’est pas la première fois que Dali est raconté à travers ce média.

 Ainsi, une BD plusieurs fois rééditée, Salvador Dali, racontait déjà la vie du maître et son oeuvre à partir de textes rédigés par le photographe et cinéaste Robert Descharnes, par ailleurs intime du peintre (collaborateur et ami).  Reconnu comme le meilleur spécialiste de l’oeuvre, Robert Descharnes n’est pas avare d’anecdotes et d’éléments explicatifs sur la construction et les obsessions de Dali. Il offre de cette façon une grille de lecture très complète au novice tout en réjouissant le connaisseur. Un savant mélange entre vie privée et oeuvres, le tout servi par le talent de Jean-Michel Renault qui va tirer le meilleur parti des milliers de photos d’archives mises à sa disposition par Robert Descharnes et recréer patiemment (pendant un an) un univers pastichant allègrement l’artiste.

La première fois que j’ai découvert cet album, j’étais étudiante et je l’avais alors emprunté à la bibliothèque municipale au rayon « enfants » alors que je cherchais déjà des BD historiques ou instructives pour me distraire. Elle m’avait tellement marquée que je l’avais relue à plusieurs reprises, me documentant entretemps sur Dali et son oeuvre. C’est aussi l’un des albums que je tenais absolument à avoir dans ma collection dès que je me suis mise en tête d’en constituer une. 

A1t7Bvxg0AL._AC_UL320_SR232,320_Je n’ai malheureusement pas éprouvé le même sentiment lorsque j’ai découvert Dali par Baudoin, coédité par le Centre Pompidou en 2012, à l’occasion d’une grande rétrospective où je n’avais pas manqué de me rendre. Onirique, ce dialogue intime est réellement le fruit d’une rencontre sur un an, entre Dali et Baudoin puisque ce dernier avoue « Je n’appréciais […] pas beaucoup sa peinture, ni l’homme a priori, mais à force de l’étudier, je me suis mis à l’aimer. Je suis rentré dans les textes, j’ai lu énormément de choses sur lui, j’ai regardé des films, vu des images, je suis rentré dans son monde, et j’y ai vu un être humain. » (extrait d’interview pour citebd.org)

Jeanne Alechinsky, directrice de collection Monographies d’artistes en BD des éditions du Centre Pompidou, justifie la démarche de la manière suivante : « Edmond Baudoin nous est apparu comme l’auteur idéal, tant dans son rapport à l’autobiographie que dans la force immense de son dessin. Il nous fallait un auteur avec un univers solide, un guerrier du trait qui ne se laisserait pas engloutir par l’atmosphère Dalínienne« . Une démystification que je trouve pour ma part brouillonne et un parti-pris auquel j’ai eu le plus grand mal à adhérer notamment parce que le tracé inachevé et charbonneux contrastait trop avec le goût du détail de Dali.

A contrario, j’ai découvert en 2004 un petit-chef d’oeuvre d’animation né d’une collaboration entre Walt Disney et Dali, Destino. Au cours d’un dîner, Walt Disney évoque un projet de court-métrage d’animation évoquant le destin tragique de Chronos, dieu grec du temps, désespérément amoureux d’une mortelle. Séduit, le maître se lance avec passion et y consacre toute son énergie pendant près de 8 mois. Mais dans le contexte de difficultés financières de l’après-guerre, seules 18 secondes d’animation seront conservées dans les archives de la compagnie d’animation.  

En 1999, le neveu de Walt Disney exhume les éléments, recontacte le chef de projet de l’époque, va piocher dans les archives et confie au réalisateur français Dominique Monféry le soin d’achever l’oeuvre… 

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J’avoue cette semaine ne pas avoir trouvé ni inspiration, ni matière à alimenter la partie Bulles d’actualité de ma chronique. Ne souhaitant pas partir sur un thème dont je ne serai pas satisfaite, j’ai donc fait le choix de ne pas vous présenter cette partie cette semaine. En espérant pouvoir vous la proposer à nouveau la semaine prochaine. 

Une pensée également pour les victimes directes ou indirectes de la Seconde guerre mondiale en ce jour de commémoration. 

Comme toujours, je vous invite à me proposer des sujets que vous souhaiteriez voir aborder, à laisser des commentaires, des suggestions ou à visiter mon autre blog L’histoire en bulles pour en découvrir plus sur certaines BD historiques. Excellentes lectures et à très bientôt! 

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